La crise écologique a des racines plus
profondes que ne le laisse penser la vulgate de la pensée écologiste.
Ses causes principales sont spirituelles, et sa première origine
l’athéisme pratique. Envisager la crise écologique uniquement sous
l'angle technique et politique revient en effet à s'enfermer dans un pur
immanentisme. Or se tromper de constat revient de facto à se tromper d'écologie, et à entretenir le mal que l’on cherche à éviter.
L'ECOLOGIE est une chose trop sérieuse pour
être confiée aux seuls soins des spécialistes autoproclamés ou des
politiciens. S'il est une contribution essentielle que les chrétiens
peuvent apporter à la réflexion sur les déséquilibres écologiques qui
affectent notre planète, thématique appelée à devenir de plus en plus
prégnante à l’avenir dans la pensée politique, c'est bien la prise de
conscience du lien entre spiritualité et
hybris technicienne.
Un problème plus global qu'on ne l'imagine
Tout
le monde s'accorde sur le fait que cette démesure est à la source de la
grave crise écologique qui menace la survie de notre « maison
commune ». Or cette
hybris ne résulte pas seulement des
possibilités intrinsèques aux trouvailles de la technoscience, ni de la
simple soumission de l'homme à sa logique. Certes, la science et la
technique imposent leurs modèles, et tentent de nous faire prendre le
possible pour le désirable et le souhaitable. Mais avant de devenir une
idole dont l'homme baise les pieds, la Technique a assis son règne sur
l'oubli de Dieu, sur un athéisme pratique. Cette thèse, seuls les
chrétiens sont capables de la tenir à nos contemporains. Encore faut-il
qu'ils en démontrent le bien-fondé. C'est ce que je me propose de faire
ici.
Ce bref article tentera de retracer succinctement la
généalogie de cet oubli de Dieu qui a amené le règne sans partage de la
Technique. Entreprise qui est tout sauf spéculation gratuite : en effet,
quoiqu'en disent les édulcorations d'usage, la Technique est bien à
l'origine des déséquilibres actuels. Les chrétiens sont d'autant mieux
placés pour l'affirmer qu'ils n'ont jamais cédé à la tentation de la
diaboliser
a priori. L'anthropologie issue de la Bible ne nous
invite-t-elle pas à « soumettre la Terre » (Gn 1, 28), ainsi qu'il est
dit dans le livre de la
Genèse ? Et comment le faire sans technique ?
Il
ne s'agit donc pas de faire le procès de la technique en général, mais
celui de son élévation au rang de divinité. La réflexion chrétienne sur
l'écologie, avant de se terminer par la sentence de rejet de la
technoscience, est d'abord une analyse de la crise de l'esprit qui
affecte notre Modernité tardive. Crise qui, en même temps qu'elle
rejetait Dieu, hissait la Technique sur les autels d'une adoration qui
se trouvait privée d'objet.
Une tendance lourde qui n'est pas née d'hier
Il
est de bon ton dans certains milieux chrétiens de se plaindre de
l'oubli de Dieu chez les jeunes, de déplorer les ravages causées par la
sécularisation, formidable tsunami spirituel qui se traduit notamment
par une baisse vertigineuse de la pratique religieuse. Indéniablement
cet athéisme a pris une ampleur inégalée dans notre Modernité tardive.
Aussi ceux qui refusent de s'en accommoder parce que « c'est ainsi et
pas autrement », sont parfaitement dans leur droit lorsqu'ils en
déclinent les conséquences fâcheuses. S'habituer au mal, se
mithridatiser chaque jour un peu plus à son égard, n'a jamais été la
meilleure solution pour le faire reculer. Se taire et se résigner parce
que « tout le monde fait et pense ainsi » n'est pas une attitude
évangélique.
Cependant le regret légitime des époques durant
lesquelles la religion scandait la vie quotidienne des populations ne
doit pas masquer le fait que cet athéisme ne nous est pas tombé
subitement dessus, telle une catastrophe naturelle soudaine et inopinée.
Même si cette apostasie de grande échelle s'est accélérée ces dernières
décennies, elle ne date pas d'hier. Si nous voulons conserver quelque
chances de renverser la vapeur de cette tendance lourde, il est
nécessaire de garder à l'esprit qu'elle agit sur le temps long. Il est
surtout important de spécifier les trois étapes qui ont scandé ce long
processus de sécularisation ayant abouti à cet athéisme pratique qui
règne sur nos sociétés soi-disant « avancées ».
Les racines spirituelles de la crise écologique
L'étude
de la généalogie de cette occultation de Dieu pourrait laisser croire
que c'est là une tendance inéluctable, voire nécessaire. Il n'en est
rien. Celle-ci ne s'inscrit pas dans une dialectique de la marche du
monde, telle que Hegel l'a conceptualisée. L'oubli de Dieu est le fruit
de la liberté de l'homme, auquel Dieu s'adresse et demande son
assentiment. Jamais Dieu n'a cultivé le projet pervers de conduire
l'histoire du monde en organisant sa propre éviction par les hommes !
En
revanche, il n'est pas faux de penser que le christianisme est mieux
armé que d'autres religions pour penser le phénomène massif de la
sécularisation. Pourquoi ? Parce que l'homme, tel que le comprend la
révélation judéo-chrétienne, est essentiellement libre face à la
proposition que lui fait Dieu. Aussi questionner le mystère de la
Révélation conduit à questionner par contrecoup le mystère connexe de
son oubli, de son occultation, de sa négation.
Tenter d’analyser
les enjeux de l’auto-communication de Dieu aux hommes, en passant sous
silence le phénomène de la sécularisation, reviendrait à cultiver une
vision tronquée de la réalité. La raison profonde en est qu'en se
révélant, Dieu prend le risque de voir son offre dédaignée et déclinée
par les hommes. Cette possibilité du refus par l’homme de la proposition
divine entre dans la caractéristique de la Révélation gratuite, sans
nécessité, telle que la Bible nous la décrit. Dieu, en son Fils, a
d’ailleurs assumé cette fin de non-recevoir avec la Croix. Toutefois,
cela ne signifie pas que la dimension dramatique de ce « non » à Dieu
doive être édulcoré.
Car ce refus va avoir des conséquences
dramatiques dans les Temps modernes. La crise écologique actuelle en
recueille les fruits les plus amers. C’est la raison pour laquelle nous
ne pouvons pas faire l’impasse sur l’analyse des causes de l’athéisme si
nous désirons prendre la mesure des enjeux auxquels cette crise nous
confronte.
L’oubli de Dieu en trois étapes
Nous pouvons distinguer trois étapes dans ce long processus d’oubli de Dieu :
l'étape mondaine, l'étape transcendantale et l'étape de la volonté « au carré », de la volonté de volonté.
Dans l'étape mondaine,
l'homme, obnubilé par l'étant, par ce qui apparaît, oublie la source
qui lui donne les créatures du monde (ce que Heidegger traduira par
l'« oubli de l'être », oubli découlant de l'essence de l'être). Le souci
exclusif de la création en arrive à oblitérer le Créateur.
Cette tentation n'est pas nouvelle. Déjà le livre de la
Sagesse
nous mettait en garde contre elle : « Vains par nature tous les hommes
en qui se trouvait l'ignorance de Dieu, qui, partant des biens visibles,
n'ont pas été capables de connaître Celui-qui-est, et qui, en
considérant les œuvres, n'ont pas reconnu l'Artisan. [...] Car la
grandeur et la beauté des créatures font, par analogie, contempler leur
Auteur. [...] S'ils ont été capables d'acquérir assez de science pour
pouvoir scruter le monde, comment n'en ont-ils pas plus tôt découvert le
Maître ! » (Sg, 13).
Seconde étape de l'oubli de Dieu : le moment transcendantal.
L'homme tente alors de définir les conditions à partir desquelles son
expérience du monde est possible. Le centre d'intérêt se déplace du
monde vers le sujet. Le monde dés lors n'est plus appréhendé comme
physis, nature, ou création, mais comme
objet. Descartes et Kant sont les noms emblématiques de ce moment historial centré sur l’individu.
Dernière étape : le stade de la volonté de la volonté.
Le centre d'intérêt devient maintenant l'homme comme acteur de la
transformation du monde. L'homme devient son propre créateur et
rédempteur par la médiation du processus d'auto-déploiement de
l'histoire à partir de ses propres ressources. Si bien que Dieu est
expulsé de la dernière prérogative que lui laissait le stade précédent,
quand l'homme consentait encore à lui accorder une hypothétique fonction
de « fondement du monde ». Celle-ci étant dévolue désormais à
l'histoire, qui devient catégorie dominante, Dieu se trouve ravalé au
rang d’un « concept » inutile, voire dangereux. Ce qui « a toujours
été » est dès lors supplanté dans l'estime des hommes au profit de ce
que seront « les lendemains qui chantent ».
« La Modernité s'est
comprise comme nouveauté, modernité et comme avènement d'une ère
nouvelle, écrit le théologien Jean-Louis Souletie. L'histoire devient
une métacatégorie, c'est-à-dire un point de vue englobant tous les
autres. Et le progrès de l'histoire n'est pas de l'ordre d'une
perfectibilité progressive des institutions et des hommes mais de celui
d'un développement de quelque chose qui était au début et que Hegel
appelle l'Esprit
[1]. »
On
notera au passage que cette dernière étape correspond à l'appropriation
par l'athéisme de la primauté de l'eschatologie, de ce qui vient en
toute fin d'un processus, sur l'originel ou l'immémorial indépassable,
sur ce qui a toujours été – primauté du dernier sur l’originel que la
Bible avait inculquée à l'Occident. L'occultation de Dieu découle bien,
ainsi que l'avait vu Chesterton, d'« idées chrétiennes devenues
folles ».
Du jardin d'Eden à la Modernité : une vaste inclusion
L'oubli
de Dieu passe donc par trois étapes successives. Dieu est d'abord
oublié en tant que Créateur. Ensuite il est compris comme l'Objet dont
l'esprit humain a besoin pour stabiliser son système du monde et son
savoir absolu – quand il ne Le confond pas avec les différents moments
que parcourt l'esprit humain afin de parvenir à la conscience de soi.
D'après ce dernier point de vue, Dieu est alors l'« âme du monde ».
Enfin,
dernière étape : l'homme, en tant que démiurge du monde et de lui-même,
expulse Dieu du monde ainsi que de l'« arrière monde » comme un
concurrent dangereux et importun. La boucle est bouclée. La Modernité
entretient dans nos esprits la même image de Dieu que celle que le
serpent des origines avait tenté d'instiller avec succès dans l'esprit
d'Adam et Ève : celle d'un potentat avare de ses biens, jaloux de ses
prérogatives et inquiet de la concurrence possible de cet être pensant,
l'homme. Entre le livre de la
Genèse et les Temps modernes, l'inclusion est parfaite !
On
pourrait ajouter une quatrième étape à ce processus : celle de la
postmodernité pour laquelle le militantisme athéologique n'est plus de
saison. Dieu est évacué maintenant par indifférence. Plus besoin de
salut, immanent ou transcendant : l'homme postmoderne a définitivement
entériné la soumission de sa liberté à l'instant présent et à sa vacuité
consumériste.
Les conséquences politiques et écologiques de l'athéisme
Ces
trois étapes ne sont pas neutres pour ce qui regarde les rapports que
l'homme entretient avec le monde extérieur. C'est ici que cette brève
étude de la généalogie de l'athéisme moderne rejoint la préoccupation
écologique qui s'exprime dans l'encyclique du pape François
Laudato si'.
La
première étape, en évacuant le Créateur pour ne plus se focaliser que
sur les créatures, a contribué à l'avènement de l'immanence pure.
Une des conséquences les plus funestes de cet immanentisme réside dans
la confusion du pouvoir et de la société civile. En l'absence de toute
transcendance à laquelle les dominés pourraient en appeler face à leurs
oppresseurs, la société vivant sous le régime de l'immanence pure est en
effet un corps organique où tout le monde surveille tout le monde, où
l'Un ne se trouve plus au ciel mais sur la terre. Sous le règne d'une
telle immanence, toute déviation et tentative d'évasion sont bannies et
réprimées pour la bonne et simple raison que le corps social est sa
propre finalité.
Close sur elle-même, la société privée de
transcendance n’a d’autre référence que son propre fonctionnement. De
quelle hauteur, de quel lieu prétendre pouvoir la critiquer si personne
n’est plus en mesure de se positionner en dehors d’elle ? Qui sera en
mesure de stopper le train fou de la technicisation à outrance,
intégrale, du monde ?
L'étape suivante, qui pose le monde
extérieur comme pur objet, constitue les prolégomènes de la domination
sans état d'âme de l'homme sur la nature. Il ne s'agit plus ici de
« cultiver son jardin », mais bien d'exploitation sans pitié,
d'arraisonnement de l'étant par la technique, ainsi que l'a analysé
Heidegger.
D'ailleurs, la matière inanimée n'est plus seule à être
disponible,
soumise à la technique. Le vivant entre à son tour dans la danse de la
manipulabilité générale. Sous le scalpel des biotechnologies, le corps
humain devient lui aussi objet
plastique. Advient alors le règne du
Gestell
heideggerien étendu à l'homme tout entier. C'est la raison pour
laquelle une écologie qui ne s'occuperait que du minéral, du végétal ou
de l'animal, sans se soucier des tentatives de modification de la nature
humaine, manquerait l'essentiel de sa cible. Pourquoi dénoncer les OGM
dans les aliments de nos assiettes, et tolérer dans le même temps, voire
favoriser, les bricolages génétiques pour la procréation humaine ?
Enfin le troisième stade de l'athéisme, celui de la volonté de la volonté, consacre le règne de l'hybris, de la démesure de ceux qui « dévastent la terre », selon la forte expression de l'
Apocalypse. Règne d'une liberté complètement déconnectée de toute vérité, soumise à l'arbitraire d'une volonté de puissance incontrôlable.
Ne pas se tromper d'écologie
Ainsi
étudier les racines de l'athéisme, loin de nous détourner des
préoccupations de nos contemporains, nous permet au contraire de mieux
adapter les remèdes aux causes profondes de la crise écologique sans
précédent traversée par notre civilisation technicienne. De telle sorte
que nos récriminations ne se réduisent pas à quelques vœux pieux et
irréalisables.
Si l'avenir veut conserver quelques chances
d'accoucher de perspectives positives, il lui sera nécessaire de
connaître au préalable la provenance du présent dont il espère corriger
les tendances profondes mortifères, c'est-à-dire de faire la généalogie
de l'athéisme qui a rendu possible l'impasse politique et écologique qui
est le nôtre aujourd'hui.
Envisager la crise écologique
uniquement sous l'angle technique et politique, en s'interdisant de
penser ses soubassements spirituels, revient en effet à s'enfermer dans
un pur immanentisme, et au final à retomber dans le travers que nous
tentons de dénoncer. C'est laisser l'homme seul dans son face-à-face
avec la Technique. Interdit de transcendance, il est malheureusement
probable qu'il ne se tourne dès lors vers les sectes qui ne manqueront
d'exploiter à leur profit son désarroi et sa déréliction.
Transcendance
sectaire au rabais qui, loin de pousser l’individu postmoderne à
prendre les problèmes politiques et écologiques à bras-le-corps, le
pousseront au contraire à fuir le monde. L'écologie à laquelle ces
sectes gnostiques initient leurs membres s'apparente davantage à celle
du
New Age qu’à celle dont le pape François nous invite à
découvrir les richesses dans la sagesse chrétienne au fil des pages de
l'encyclique
Laudato si'.
C’est un fait indéniable : se tromper de constat revient
de facto
à se tromper d'écologie. Face à un tel défi, la réflexion n'est jamais
de trop. Pour ne citer que le seul exemple du « Nouvel Âge », il n'est
jamais superflu de préciser de quel type d'écologie il est question dans
un débat d'idée. L'écologie que ce courant de pensée véhicule est plus
proche des superstitions ésotériques et spiritistes que d'une pensée
politique structurée et cohérente. Selon le « Nouvel Âge » en effet,
« la Nature est un être vivant parcouru par des influx de sympathie et
animé par un feu secret que les êtres humains cherchent à maîtriser. Les
hommes peuvent entrer en contact avec les mondes supérieurs ou
inférieurs par l'imagination (un organe de l'âme et de l'esprit), ou à
travers des médiateurs (anges, esprits, démons) ou des rituels
[2] ».
Comme
on le voit, le « Nouvel Âge » n'est pas loin de substituer la Nature à
Dieu ! Un dieu qui se confond avec l'Énergie cosmique. On est loin ici
du Dieu personnel de la révélation biblique. Ainsi se confirme le
constat que nous établissions au début : l'écologie regarde autant,
sinon plus, l'esprit, la spiritualité, que la politique. Afin que la
réflexion ne se retrouve parasitée par les gnoses de tout poil, il n'est
pas inutile de préciser la compréhension et l'extension du concept
d'« écologie », c’est-à-dire la définition que l’on peut donner de
l’écologie ainsi que l’ensemble des objets que ce concept désigne ou
concerne de près.
L’écologie est chose trop sérieuse pour être
confiée aux seuls « spécialistes ». Comme toute problématique politique
d'envergure, sa dimension ressortit d'abord de la spiritualité. Aussi
les croyants ont-ils leur mot à dire à son sujet
en tant que croyants — ce qui ne signifie qu'ils seront plus clairvoyants que les autres à l'arrivée.
L'expertise de la foi
Comme
nous l'avons vu plus haut, la Technique a pris la place laissée vacante
par l'éviction de Dieu. Si nous ne voulons pas qu'elle prenne
toute
la place, et réduise à néant les efforts des hommes pour la maîtriser,
il devient plus urgent que jamais de la penser plus globalement qu'il
n'a été fait jusqu'à maintenant.
Laissée aux
seuls soins des spécialistes, l'écologie n'a aucune chance de renverser
les tendances lourdes d'un monde de plus en plus technicien et replié
sur lui-même. Sur ce terrain, pour les chrétiens, l'heure n'est plus au
mutisme ni à l’« enfouissement ». L’écologie politique restant
dépendante des ressources de l'esprit pour son inscription durable dans
le mouvement de l’histoire, l'« expertise » de la foi se révèlera
déterminante sur ce sujet dans les temps à venir.
Jean-Michel Castaing est essayiste et théologien. Dernier ouvrage paru :
48 Objections à la foi chrétienne et 48 réponses qui les réfutent (Salvator).
_____________________________
[1] J.-L. Souletie,
La Crise, une chance pour la foi, éd de l'Atelier, Paris, 2002, p. 18.
[2] Jésus-Christ, le porteur d'eau vive, une réflexion sur le « Nouvel Âge », Document du Conseil pontifical pour la culture et du Conseil pontifical pour le dialogue interreligieux,
La Documentation catholique, 2003, n° 6, p 282.