mercredi 22 août 2018

Août: le mois de la lumière et de la gloire.


Magnificat !
Le 22 août 2018, fête de Marie Reine

Chers amis,
Le mois d’août est le mois de la lumière et de la gloire : du mystère de la Transfiguration du Seigneur, le 6 août, à l’Assomption de Marie dans la gloire du Ciel, le 15, jusqu’à son couronnement le 22, nous baignons dans une atmosphère céleste et toute divine … et cela nous fait du bien ! Nous avons en effet besoin de nous immerger dans cette lumière pour ne pas être pris de nausée devant tant d’évènements du monde, tant de difficultés qui portent la marque des ténèbres. Cette trouée lumineuse du mois d’août est comme une anticipation de notre avenir surnaturel et il est bon de s’y ouvrir dès maintenant, d’en avoir soif, de désirer cette gloire qui est l’atmosphère la plus propice pour notre âme, l’oxygène de notre vie spirituelle. Et plus nous nous y ouvrirons par la prière désirante, l’adoration, la rumination amoureuse de la Parole de Dieu, la contemplation des icônes qui rendent visibles le Royaume de Lumière, plus alors nous permettrons au Ciel de descendre sur la terre, d’habiter nos cœurs, de les transfigurer et de rendre Dieu présent dans ce monde.

 Bernard Frinking, théologien orthodoxe évoquant la Transfiguration disait :
« Nous sommes, dans ce monde, de plus en plus envahis par les ténèbres, par l’angoisse de la mort. Les jeunes, les enfants, sont de plus en plus angoissés de ce que contient le monde, de toutes les menaces qui pèsent de plus en plus sur leur avenir. Les enfants connaissent la misère du monde par tous les pores de leur être.
Ce n’est pas cela que nous devons montrer, mais la Lumière, des êtres transfigurés, la paix et l’harmonie du Royaume. Il est important qu’ils puissent voir que la Lumière existe, qu’il y a des êtres qui en vivent et témoignent de la joie du pardon, de la miséricorde, du Salut, de la Transfiguration. (…) La Lumière est une réalité pour ceux qui en vivent, elle chasse toutes les ténèbres. Il faut apporter la Lumière aux enfants, aux vieillards, à tous les hommes.

Rappelons à tous le Royaume de Lumière !
 Il n’est pas besoin d’apporter aux hommes le désarroi. Ils sont très au courant. Répéter les misères du monde, le monde s’en charge lui-même. Le démon ne cesse de nous répéter : ʺ vous êtes foutus, vous êtes tous perdus ! Il n’y a pas de Dieu, vous l’avez fabriqué vous-mêmes…. ʺ.
 Nous devons affirmer la Lumière, l’existence du Dieu qui nous aime avec tendresse, la réalité de la Transfiguration.
Nous avons à crier tous les jours :
Christ est ressuscité ! A ne pas nous laisser berner par ceux qui nous disent le contraire. A crier face au monde : Christ est ressuscité, par sa mort, il a vaincu la mort ! A ceux qui sont dans les tombeaux, il a donné la Vie ! »

On dit bien que NOUS DEVENONS CE QUE NOUS CONTEMPLONS. Sans doute devrions-nous nous rappeler plus souvent cet adage. Combien d’heures à regarder par la télévision ou internet les tristesses du monde, les turpitudes des uns et des autres… ? Et combien d’heures à se laisse fasciner par la beauté du Christ, la douceur du visage de notre Mère Marie ? Nous devenons ce que nous contemplons : Si nous voulons devenir Lumière, il nous faut nous tourner vers Celui qui a dit : « je suis la Lumière du monde, celui qui me suit ne marchera pas dans les ténèbres mais il aura la lumière de la vie » (Jn 8,12). Mais peut-être l’éclat de ses yeux est-il trop fort pour nous ? Alors passons par la contemplation plus douce -car plus proportionnée à la faiblesse de notre âme- de sa très douce Mère, notre Maman du Ciel. On compare souvent la Vierge Marie à la lune : la lune n’éclaire pas par elle-même mais elle reçoit la lumière du soleil qu’elle reflète ensuite sur la terre. Marie « belle comme la lune » (Ct 6,10) reflète sur nous l’éclat de la Lumière du « Soleil de justice » (Ml 4,2), le Christ, et alors nous pouvons dire avec le psalmiste :
 « J'avais dit : « Les ténèbres m'écrasent ! » mais la nuit devient lumière autour de moi.
Même la ténèbre pour toi n'est pas ténèbre, et la nuit comme le jour est lumière !
 » (Ps 138 11-12)

Marie nous a été donnée pour nous habituer à contempler les clartés du Ciel, à nous laisser enivrer par les parfums du Paradis, à nous enfanter à la vie divine. C’est pourquoi la fête de l’Assomption et celle de sa royauté nous donnent d’exulter car, « Marie élevée dans la gloire du ciel brille comme un signe d’espérance assurée et de consolation devant le peuple de Dieu en pèlerinage » (Concile Vatican II, LG 68). C’est une espérance pour l’être humain dans sa totalité. La chair aussi est sauvée. Elle sera délivrée des pesanteurs de la matière terrestre et transfigurée à l’image du Christ en participant à la gloire de Dieu. Cette espérance est digne de foi, parce que Jésus- Christ a été ressuscité des morts. Il est le principe et le fondement de notre espérance. En Marie, nous voyons clairement comment cette espérance se réalisera pour chacun d’entre nous, en amenant à sa perfection l’être humain tout entier. 

La transfiguration n’est donc pas seulement un mystère du Christ mais notre avenir,  et Marie qui elle-même s’est laissée toute illuminer par son Fils jusqu’à pouvoir dire à la suite de St Paul « ce n’est plus moi qui vit c’est le Christ qui vit en moi » nous entraine dans son sillage, dans cette transformation secrète de notre être ; elle nous enfante à la vraie vie en Dieu pour autant que nous ne la perdions pas de vue ! Car la contempler c’est lui ressembler, c’est laisser sa sainte image s’imprimer en nos cœurs et refléter ainsi la Lumière de son divin Fils.
Que la Vierge toute belle nous garde en son cœur dans l’intimité de son Fils, à l’ombre de l’Esprit Saint, pour notre plus grande joie !


Sœur Isabelle de la Mère de Dieu




samedi 6 janvier 2018

Eloge de l'abandon !


Pour cette nouvelle année 2018, que pourrions-nous nous souhaiter si ce n'est d'être totalement docile à la volonté du Père et de nous laisser guider par lui, selon son bon plaisir ? N'est-ce pas là le secret de la paix intérieure et de la joie qui en découle ?
 Certes les évènements peuvent être difficiles, douloureux (et ce serait se faire illusion que de croire que "tout ira bien" en cette nouvelle année par la seule magie d'une année de plus) mais notre espérance est théologale et donc plus haute et plus forte que les illusions et les désillusions de ce monde. Et pour nous situer à ce niveau, le seul où nous ne saurions être déçus (Puisque , comme nous le rappelle St Paul: "l'espérance ne déçoit pas" Rom 5,5), il n'est pas de plus sûr moyen que de se livrer à l'Amour, dans un esprit d'enfance qui fait confiance, "qui croit tout, espère tout" (1 Co 13,7), tel un petit enfant abandonné sur le coeur de sa mère. Et non seulement nous serons heureux mais en plus nous marcherons sans même nous en apercevoir sur la route de la sainteté, laissant Dieu nous conduire là où il nous veut et comme il nous veut.
Docilité, docilité, docilité.... comme l'argile dans les mains du potier !

Monseigneur Charles Gay nous évoque avec bonheur ce saint abandon:
" Dans ce ciel des vertus qui est le divin amour, il y a trois degrés, trois états de l’amour, et, pour ainsi parler, trois cieux. Il y a l’amour pur et simple qui aime Dieu par dessus toutes choses et le prochain pour l’amour de Dieu ; au-dessus il y a l’amour qui souffre et qui aime à souffrir ; plus haut enfin, il y a l’amour qui n’aime absolument plus rien, si ce n’est le bon plaisir du bien-aimé, et qui, saintement indifférent à tout le reste, s’abandonne tout entier à Dieu pour souffrir ou pour jouir, pour vivre ou pour mourir, pour être quelque chose ou pour n’être rien… C’est de ce troisième ciel qu’est parti Jésus-Christ. En effet, que dit-il en faisant son entrée dans le monde ? « Me voici, je viens pour faire votre volonté. » Quoi pourtant ! ne vient-il pas prêcher, travailler, souffrir, mourir, vaincre l’enfer, fonder l’Eglise et sauver le monde par sa croix ? Mais s’il veut tout cela, c’est que telle est l’éternelle volonté de son Père. C’est cette volonté seule qui le touche et le décide. Voyant tout le reste, c’est elle seule pourtant qu’il regarde ; c’est d’elle seule qu’il parle, et d’elle seule qu’il prétend dépendre.(...) Il s’y pose donc, il s’y réduit, il s’y enferme ; et faisant plus tard tant de choses, des choses si relevées, si inouïes, si surhumaines, il ne fera jamais que cette chose très simple, en laquelle nos petits enfants sont capables de l’imiter : il fera la volonté du Père céleste, il s’y livrera sans réserve et y vivra tout abandonné…

Nous parlons d’abandon...(...) L’acte doux, plein, vivant, ineffable qu’il signifie, n’est-il pas en effet (...) l’acte suprême, l’acte décisif de l’amour ? S’abandonner, c’est plus que se donner. Jésus s’est donné dans l’Incarnation ; il s’est abandonné dans sa Passion ; il reste abandonné dans l’Eucharistie. Aussi la croix et l’autel (...) sont le dernier mot de l’amour de Jésus.

S’abandonner, c’est se renoncer, se quitter, s’aliéner, se perdre, et tout ensemble se livrer sans mesure, sans réserve, et presque sans regard, à celui qui doit posséder. S’abandonner, c’est s’écouler. Vous savez ce que dit l’Epouse des Cantiques : « Mon âme s’est liquéfiée, dès que mon bien-aimé a parlé. » (Cant 5, 6) Ce qui est liquide n’a plus de forme par soi-même. La forme d’une liqueur, c’est le vase qui la contient : mettez-la dans dix vases différents, elle y prend dix formes différentes, et elle les prend dès qu’elle y est versée. Telle est l’âme qui s’abandonne : elle fond en eau sous la parole de Dieu (...). 
…Dirai-je le dernier nom de ce bienheureux et sublime état ? C’est la vie des enfants de Dieu, c’est la sainte enfance spirituelle. Oh! que cela est parfait ! plus parfait que l’amour des souffrances ; car rien n’immole tant l’homme que d’être sincèrement et paisiblement petit. L’orgueil est le premier des péchés capitaux : c’est le fond de toute concupiscence, et l’essence du venin que l’ancien serpent a coulé dans le monde. L’esprit d’enfance le tue bien plus sûrement que l’esprit de pénitence. L’homme se retrouve aisément quand il lutte avec la douleur ; il peut s’y croire grand, et s’y admirer lui-même ; s’il est vraiment enfant, l’amour-propre est désespéré. L’âpre rocher du calvaire offre encore quelque pâture à la vanité ; si dépouillé qu’il soit, c’est une montagne : à la crèche, tout le vieil homme meurt forcément d’inanition. Or, pressez ce béni mystère de Bethléem, pressez ce fruit de la sainte enfance, vous n’en ferez jamais sortir que l’abandon.
Extrait du chapitre De l’Abandon, de De la Vie et des Vertus chrétiennes.

Saint François de Sales, pour nous faire comprendre tendrement ce qu'est l'abandon utilise l'image de Jésus abandonné dans les bras de sa très douce Mère:
"Si l'on eût demandé au doux Enfant Jésus, étant porté entre les bras de sa Mère, où il allait, n'eût-il pas eu raison de répondre: je ne vais pas, c'est ma Mère qui va pour moi ? (...) Et à qui Lui eût répliqué: Mais au moins vous voulez bien vous laisser porter à votre douce Mère ? - Non (...) mais comme ma toute bonne Mère marche pour moi, aussi elle veut pour moi; je lui laisse également le soin et d'aller pour moi et de vouloir aller pour moi où bon lui semblera; et comme je ne marche que par ses pas, aussi je ne veux que par son vouloir; et dès que je me trouve entre ses bras, je n'ai aucune attention ni à vouloir, ni à ne vouloir pas, laissant tout autre soin à ma Mère, hormis celui d'être sur son sein" (Traité de l'Amour de Dieu, Livre IX, ch 14).

Grâce de l'enfance spirituelle à mendier, toujours, jusqu'à ce qu'elle fasse sa demeure en nous, jusqu'à ce que l'Enfant Jésus lui-même établisse sa demeure en nous pour nous transformer en lui, à la louange de Gloire de notre Père du Ciel !
La petite Thérèse de l'Enfant Jésus l'avait bien compris quand elle répondait à ses soeurs qui lui demandaient ce que signifiait "rester petit enfant devant Dieu": "C'est reconnaître son néant, attendre tout du bon Dieu, comme un petit enfant attend tout de son père; c'est ne s'inquiéter de rien, ne point gagner de fortune. (...) Enfin, c'est ne point se décourager de ses fautes, car les enfants tombent souvent, mais ils sont trop petits pour se faire beaucoup de mal" ( Derniers entretiens)

Alors voilà mon souhait et mon vœu à nous tous pour cette nouvelle année: que nous rapetissions ! Que nous devenions assez petits pour vivre abandonnés à la volonté de notre très doux Père le laissant vouloir pour nous tout ce qu'il veut ! Et ce qu'il veut c'est tout sauf la mollesse ou une démission intérieure ! Il s'agit seulement d'écouter ce que l'Esprit Saint nous dit et d'entrer dans un profond assentiment du cœur et une profonde correspondance dans l'agir .... pour que surabonde la joie !

Bonne et sainte année à vous !

Sr Isabelle de le Mère de Dieu

vendredi 26 août 2016

La miséricorde du Seigneur, à jamais je la chanterai !



Bien chers amis,

Vous avez déjà tout entendu, et peut-être tout lu, sur la miséricorde ! Mais je ne résiste pas à la joie d’ajouter quelques grains de sel pour relancer notre amour ! 

« Comme la tendresse d’un père pour ses fils, la tendresse du Seigneur » (Ps 103/13)

« J’aurai soin moi-même de mes brebis. Je chercherai celle qui est perdue, je ramènerai celle qui est égarée, je panserai celle qui est blessée… » (Ez 34/ 11,16)

« Compatissant au faible et au pauvre, il sauvera l’âme des pauvres » (Ps 72/13)

« Jusqu’à toi vient toute chair avec ses œuvres de péché ; nos fautes sont plus fortes que nous, mais toi tu les effaces » (Ps 65/3,4)

« La miséricorde de Dieu est comme un torrent débordé ; elle entraine les cœurs sur son passage » St Jean-Marie Vianney

« La conversion à Dieu consiste toujours en la découverte de sa miséricorde, de cet amour patient et doux comme l’est Dieu Créateur et Père » St Jean-Paul II

« La conversion du cœur se produit devant la miséricorde de Dieu » St Bernard

« L’amour de Dieu se fait proche de chaque enfant prodigue, de chaque misère. Et celui qui est objet de cette miséricorde ne se sent pas humilié, mais comme retrouvé et revalorisé. »
St Jean-Paul II

« Nul ne peut imposer une limite à l’amour de Dieu qui pardonne » Pape François.

« La miséricorde, c’est l’amour qui vit la misère de l’autre comme si elle était sienne »
P. Bernard Bro

« Il y a dans l’amour divin, dans l’amour qu’est Dieu, un mystère que le péché seul a permis de comprendre » P. Louis Bouyer

« La miséricorde vient du cœur comme un sentiment profond, naturel, fait de tendresse et de compassion, d’indulgence et de pardon » Pape François

« La miséricorde de Dieu est sans fin. Autant la profondeur du mystère renfermé est insondable, autant la richesse qui en découle est inépuisable » Pape François

« Dieu d’amour montre-nous notre place dans ce monde comme instruments de ton affection pour tous les êtres de cette terre, car aucun n’est oublié de toi » Pape François

« Miséricorde est le mot qui révèle le mystère de la Sainte Trinité. La miséricorde est l’acte ultime et suprême par lequel Dieu vient à notre rencontre. » Pape François

« Marie est celle qui connait le plus à fond le mystère de la miséricorde divine » St Jean-Paul II

Lettre de St François d’Assise à un prêtre qui souffre de la présence de frères pécheurs dans sa communauté : « Qu’il n’y ait aucun frère au monde, qui ait péché autant qu’il est possible de pécher, qui, après avoir vu tes yeux, ne s’en retourne sans ton pardon miséricordieux, s’il a demandé à être pardonné (...). Et même si après cela, il péchait encore mille fois contre toi, aime-le plus encore que tu m’aimes. Et cela pour l’amener au Seigneur. Aie toujours pitié de ces malheureux. »

Comme il est bon de vivre intensément la démarche jubilaire qui nous est offerte jusqu’à la fête du Christ Roi, le 20 novembre !

Commentant la résurrection du fils de la veuve de Naïm (Luc 7/11-17) survenue « près de la porte de Naïm », où Jésus fut saisi de compassion, notre Pape demande aux pèlerins de se souvenir de cette scène en passant la porte de la miséricorde :
« Chacun arrive à la porte sainte en apportant sa vie, avec ses joies et ses souffrances, ses projets et ses échecs, ses doutes et ses craintes, pour les présenter à la miséricorde du Seigneur. Nous sommes certains que, auprès de la porte sainte, le Seigneur se fait proche pour rencontrer chacun de nous, pour apporter et offrir sa puissante parole consolatrice : « ne pleure pas ! »
C’est la porte de la rencontre entre la douleur de l’humanité et la compassion de Dieu.
En franchissant le seuil, nous accomplissons notre pèlerinage dans la miséricorde de Dieu qui (…) répète à tous : « je te le dis, lève-toi »…
Sa parole nous fait revivre, donne l’espérance, redonne confiance aux cœurs las, ouvre à une vision du monde et de la vie qui va au-delà de la souffrance et de la mort…
C’est pourquoi, en nous approchant de la porte de la miséricorde, chacun sait qu’il s’approche de la porte du Cœur miséricordieux de Jésus : c’est Lui en effet qui est la véritable Porte qui conduit au salut et nous restitue à une vie nouvelle
 »

Bonne nouvelle : « Demain la miséricorde de Dieu se lèvera plus tôt que le soleil » !!! (Hymne ancienne)
C’est pourquoi « je veux louer le Seigneur tant que je vis » ! (Ps 146/2)

Sr Anne-Marie

mardi 24 mai 2016

"Annoncez l'Evangile à toutes les créatures" (Mc 16,15)




Homélie du Très Révérend Père Dom Jean Pateau,

Abbé de Notre-Dame de Fontgombault

Pour le fête de l'ascension 2014


Annoncez l'Évangile à toutes les créatures. (Mc 16,15)


" Chers Frères et Sœurs, Mes très chers Fils,

 La finale de l'Évangile de saint Marc, choisie par l'Église comme lecture pour la Messe de l'Ascension, rapporte l'envoi en mission des onze Apôtres.

Le séjour terrestre de Jésus touche à sa fin. La mission visible du Fils de Dieu incarné est arrivée à son terme. C'est au tour des Apôtres d'annoncer désormais la Bonne Nouvelle de Jésus-Christ, l'Évangile, et de l'annoncer à toutes les créatures.


Pour les Apôtres s'ouvre une grande neuvaine qui se clôturera par l'effusion du Saint-Esprit au matin de la fête de la Pentecôte. Durant ces jours, les Apôtres ne devront pas s'éloigner de Jérusalem, mais attendre la visite du Paraclet, celui qui a été promis par le Père (cf. Ac 1,4). Il viendra illuminer et réchauffer des cœurs et des âmes encore bien tièdes. Jésus n'est pas sans savoir les limites de ceux à qui il confie l'évangélisation du monde. L'envoi en mission des Apôtres est précédé d'un reproche de Jésus visant ses disciples pour « leur incrédulité et la dureté de leur cœur, parce qu'ils n'avaient pas cru ceux qui l'avaient vu ressuscité. » (Mc 16,14)


 Les paroles de Jésus sont-elles encore actuelles ?


En ce jour, Jésus envoie encore en mission. Il nous envoie en mission.Tournons-nous vers le Père et demandons sur ceux qui sont devenus des chrétiens adultes, par l'onction de saint Chrême reçue lors du sacrement de Confirmation, une infusion renouvelée de l'Esprit-Saint et de ses dons, afin qu'à l'instar des Apôtres nous redevenions d'authentiques témoins du Christ.

 Une terre de mission s'offre à nous : " toutes créatures".

  Annoncer le Christ ce n'est pas emprisonner l'homme sous un carcan de préceptes mais le libérer de l'asservissement à ses passions. Il a fallu plus de trois siècles pour que les sociétés de l'Antiquité comprennent l'extraordinaire grâce qu'est la visite de Dieu pour l'homme.

 Aujourd'hui le même chemin doit être parcouru. Il commence par notre propre conversion. Sommes-nous convaincus que choisir le Christ, c'est faire le bon choix ? Avons-nous donc choisi réellement le Christ ? Croyons-nous enfin qu'annoncer le Christ, c'est servir son prochain ?

 Le monde actuel est un monde de dictatures : dictature d'un seul, dictature des plus puissants, dictature d'une majorité.

 Saint Thomas d'Aquin a donné un critère éminent de discernement politique : le bien commun. Les différents régimes de dictatures sont mauvais en tant qu'ils se proposent de promouvoir le bien d'une partie des membres du groupe. Un bon régime politique se doit de discerner et de promouvoir le bien commun de tous les membres du groupe.

 Il est difficile de discerner dans la vie politique actuelle une volonté de promotion du bien commun.

 Le but de la loi est plutôt d'encadrer un maximum de permissivité, offrant ainsi à chacun d'assouvir tranquillement ses passions, tout en recherchant un minimum de conséquence sur autrui ; ce qui permet d'éviter un trop grand nombre de mécontents. Une nouvelle humanité se construit laissant sur le bord de la route les êtres gênants ou encombrants : les enfants non désirés ou handicapés, les personnes âgées, les ratés de la société où prennent place tant de jeunes qui ne trouveront de réponse à leur misère que dans l'alcool, la drogue ou le suicide. La société, sûre de son bon droit, se bornera à constater le fait dans des statistiques sans âme, cachant derrière l'anonymat du chiffre ceux qui sont ses propres victimes et dont il ne faut pas parler.

 Alors que les sociétés délaissent l'homme, l'homme ne devrait-il pas délaisser ces sociétés et choisir à nouveau l'homme et son bien. Annoncez l'Évangile à toute créature ! Voilà la réponse du Christ.

 Les Apôtres auprès du Seigneur sont onze. C'est peu. Les disciples de Jésus représentaient quelques centaines de personnes tout au plus. Ce n'est pas beaucoup pour un Empire romain qui s'étend sur tout le bassin méditerranéen. Pourtant avec l'aide du Saint-Esprit, dans l'obéissance à l'ordre de mission reçu du Christ, les Apôtres entreprennent l'annonce de la Bonne Nouvelle qui sera accompagnée et confirmée par les signes accordés par le Seigneur.

 Le monde moderne n'est pas si différent de l'Empire romain décadent, tout particulièrement au plan de la morale et de la famille. Refuser tout repère authentique à l'enfant ou à l'adolescent a été, est, et sera l'arme de tous les dictateurs. En face de ceux-ci le chrétien doit être un contre-révolutionnaire en tant qu'il refuse de se laisser étourdir par le foisonnement artificiel des idées, mais qu'il les brise contre le Christ et contre la réalité, afin de voir de quel bois elles sont faites.

 Comment écouter encore les chantres du relativisme, qui accueillent avec émerveillement toute sottise dont le seul mérite est d'être en contradiction avec les usages hérités de tant de siècles de christianisme et ayant fait leur preuve, et qui condamnent au silence, avec la plus grande sévérité, ceux qui se font les apôtres de ce qu'on appelait encore hier la vérité ou les fondements de la société.

 Il n'y a plus de vérité, plus de certitude, disent-ils... Mensonge, il y a l'Évangile. « Annoncez l'Évangile à toutes les créatures » demande Jésus à ses disciples.

Les jeunes, les hommes et les femmes, toutes créatures ont un droit à la vérité. Ils ont le droit de connaître Dieu.

 Aurons-nous le courage de répondre à leur attente? Rejoignons en ces jours les Apôtres au Cénacle. Unissons-nous à leurs prières et demandons les uns pour les autres la grâce de l'Esprit-Saint. Jésus ne manquera pas de nous exaucer. Puisse-t- il ne pas avoir à reprocher un jour notre tiédeur et notre incrédulité.

 Que Marie, la femme qui a cru, accompagne ses enfants sur la route.

  Soyons apôtres, soyons les témoins courageux, jusqu'aux extrémités de la terre, de Celui en qui nous croyons.


Amen, Alleluia.""

mercredi 11 mai 2016

«La persécution est le pain quotidien de l’Église» Pape François

«La persécution est le pain quotidien de l’Église» : le Pape l’a répété lors de la messe du mardi 12 avril 2016, célébrée dans la chapelle de la Maison Sainte-Marthe.

Comme c’est arrivé à Étienne, le premier martyr, ou aux «petits martyrs» tués par Hérode, aussi aujourd’hui, a affirmé le Pape, de nombreux chrétiens sont tués pour leur foi en Christ, et d’autres sont persécutés idéologiquement, parce qu’ils veulent manifester la valeur du fait d’être enfants de Dieu.
Il existe des persécutions sanguinaires, comme le fait d’être dévorés par des fauves pour la joie du public dans les tribunes, ou pulvérisés par une bombe à la sortie de la messe. Et il y a «des persécutions en gants blancs, des persécutions culturelles, celles qui te confinent dans un recoin de la société, qui en viennent à te faire perdre ton travail si tu n’adhères pas aux lois qui vont contre Dieu Créateur», a affirmé le Saint-Père.
Martyrs de tous les jours
Le récit du martyre d’Étienne, décrit dans l’extrait des Actes des Apôtres proposé par la liturgie, pousse le Pape à des considérations nouvelles sur une réalité qui depuis 2000 ans fait partie de l’histoire de la foi chrétienne : la persécution.
«La persécution, je dirais, est le pain quotidien de l’Église. Jésus l’a dit. Nous, quand nous faisons un peu de tourisme à Rome et allons au Colisée, nous pensons que les martyrs étaient ceux qui étaient tués avec les lions. Mais les martyrs n’ont pas été seulement ceux-là. Ce sont des hommes et femmes de tous les jours : aujourd’hui, le jour de Pâques, il y a à peine trois semaines… Ces chrétiens qui fêtaient Pâques au Pakistan ont été martyrisés justement parce qu’ils fêtaient le Christ Ressuscité. Et ainsi l’histoire de l’Église avance avec ses martyrs.»
Des persécutions «éduquées»
Le martyre d’Étienne amorça une cruelle persécution antichrétienne à Jérusalem, analogue à celles subies par ceux qui aujourd’hui ne sont pas libres de professeur leur foi en Jésus. «Mais, a observé François, il y a une autre persécution dont on ne parle pas tellement», une persécution «travestie de culture, travestie de modernité, travestie de progrès».
«C’est une persécution, je dirais un peu ironiquement, "éduquée". C’est quand l’homme est persécuté non pas pour avoir confessé le nom du Christ, mais pour avoir voulu manifesté les valeurs du Fils de Dieu. C’est une persécution contre Dieu le Créateur, dans la personne de ses enfants ! Et ainsi nous voyons tous les jours que les puissances font des lois qui obligent à aller sur cette voie, et une nation qui ne suit pas ces lois modernes, ou au moins qui ne veut pas les avoir dans sa législation, en vient à être accusée, à être persécutée "poliment". C’est la persécution qui coupe à l’homme la liberté de l’objection de conscience», a martelé le Pape François
La grande apostasie
«Cela, c’est la persécution du monde» qui «coupe la liberté», alors que «Dieu nous fait libres» de donner le témoignage «du Père qui nous a créés, et du Christ qui nous a sauvés». Et cette persécution, a-t-il souligné, «a aussi un chef» :
«Le chef de la persécution polie, éduquée, Jésus l’a nommé : "le prince de ce monde". Et quand les puissances veulent imposer des attitudes, des lois contre la dignité des enfants de Dieu, ils persécutent ceux-ci et vont contre le Dieu Créateur, a répété le Souverain pontife. C’est la grande apostasie. Ainsi la vie des chrétiens avance avec ces deux persécutions. Mais le Seigneur nous a promis de ne pas s’éloigner de nous : "Soyez attentifs, soyez attentifs ! Ne tombez pas dans l’esprit du monde. Soyez attentifs ! Mais allez de l’avant ! Moi, Je serai avec vous”».
(Source Radio Vatican)

mercredi 23 mars 2016

Dieu a donné à la souffrance une puissance rédemptrice.


Du Père Martin M.Barta, assistant ecclésiastique de l'AED:

"Le Pape François a proclamé « Année de la Miséricorde » l’année 2016. Le Saint-Père dirige par là notre attention vers la caractéristique essentielle de Dieu. Il n’est pas de plus haute ni de plus réconfortante vérité que celle de savoir que Dieu est Amour et Miséricorde. Il se révèle même à nous comme un père à qui nous pouvons dire de façon familière et en toute confiance « Abba, Papa ».

Mais si Dieu est infiniment bon, pourquoi autorise-t-il la souffrance ? Ne se rend-il pas ainsi complice de la misère du monde ? En aucun cas. Dieu n’a jamais voulu la souffrance ni la mort, de même qu’Il n’a jamais voulu la cause, qui est le péché. Dans sa miséricorde, Dieu a, au contraire, pris sur lui la souffrance de toute la Création. Et en la portant dans un Amour infini, il a vaincu le mal et donné à la souffrance une puissance et une valeur rédemptrices. Le péché originel des premiers hommes et tous nos péchés ont donné et donnent de plus en plus de pouvoir au mal. Dans sa haine, Satan utilise ce pouvoir pour nous nuire par des catastrophes et des guerres, par la souffrance et la mort, et dès qu’il le peut, pour nous séparer de Dieu. Mais par l’Amour, il peut être renversé et vaincu.

Si maintenant la souffrance, la maladie ou le malheur viennent à nous, et que nous en faisons comme Jésus une offrande d’Amour, alors Il pourra continuer son œuvre de Salut en nous. C’est aussi ce que confesse Saint Paul lorsqu’il écrit : « Ce n’est plus moi qui vis, c’est le Christ qui vit en moi. » En d’autres termes : « Ce n’est plus moi qui souffre, mais le Christ qui souffre en moi. » Si nous supportons la souffrance avec le regard et la force du Christ, nous arrachons justement à Satan tout le pouvoir que nos péchés lui ont donné. Et bien plus encore : nous pouvons consacrer aux autres la valeur rédemptrice de cette souffrance supportée avec abnégation et Amour. Elle deviendra ainsi bénédiction et salut non seulement pour nous mais aussi pour ceux qui nous sont confiés. C’est le grand mystère de la Miséricorde Divine, du Salut et de la Co-rédemption. Quel réconfort, pour nous chrétiens, que de savoir cela ! Combien de personnes frappés par la guerre, les catastrophes, mais aussi les malades, et les personnes isolées ou âgées ont besoin de cette consolation divine ! Nous avons tous une mission importante : participer au Salut du monde, à la victoire sur le mal par l’Amour. C’est exactement ce que décrit le Saint Pape Jean-Paul II quand il dit : « Dans un merveilleux échange de biens spirituels, la sainteté de l’un apporte aux autres un bénéfice bien supérieur au dommage que le péché de l’un a pu causer aux autres. Il y a des personnes qui laissent derrière elles comme un surplus d’Amour, de souffrance supportée, de pureté et de vérité, qui se déverse sur les autres et les soutient. »"

Père Martin M.Barta (Assistant ecclésiastique de L’AED)
Bulletin n°1 de l’AED,  Janvier 2016