mercredi 17 octobre 2012

Eloge de la différence !



...ou petite réflexion à l'heure de la théorie du Genre (dont la revendication du "mariage" des homosexuels, n'est qu'une ramification).

Aujourd’hui, vous l’avez sans doute remarqué, les différences n’ont pas bonne presse. Au nom de l’égalitarisme, elles doivent disparaitre car elles sont aussitôt perçues comme facteur de discrimination. Or, je voudrais justement montrer que ce serait dramatique de vouloir les éliminer parce qu’elles sont très précieuses. Sans la différence il n’y aurait ni amour ni vie.
Si vous le voulez bien, et pour mieux comprendre l’enjeu de la différence, nous allons faire un petit détour vers cette fontaine de sagesse qu’est la Bible, notamment le livre de la Genèse. 

I
Tout d’abord, nous pouvons déjà constater que Dieu crée le monde et l’ordonne en opérant des distinctions et des séparations ! Sa Parole créatrice fait jaillir la création du tohu-bohu originel et lui donne sa forme, sa beauté en séparant ce qui n’est encore créé que comme confusion, mélange indistinct. Cf Gn 1 : « Au commencement, Dieu créa le ciel et la terre » : Autrement dit, il ouvre un espace entre les choses d’en haut et les choses d’en bas. Puis, du milieu de ce qui est encore informe, Dieu va faire surgir, par sa Parole, les créatures: « Dieu dit : Que la lumière soit. Et la lumière fut. Et Dieu vit que la lumière était bonne, et il sépara la lumière des ténèbres. » De même pour les autres réalités : Dieu va « séparer les eaux qui sont au-dessous du firmament d’avec les eaux qui sont au-dessus du firmament ». Puis de la même manière il va distinguer la terre et la mer, il va aussi créer les luminaires dans le but de séparer le jour de la nuit. Donc que voit-on ici ? Eh bien que Dieu, par sa Parole sépare et donne des limites. Il pose, il établit une différence, sous la forme d’une dualité : Terre/ciel, terre/mer, lumière/ténèbres, jour/nuit. Chaque chose a donc sa place et émerge de l’indistinction pour devenir elle-même. Ainsi on perçoit que la confusion n’est pas, ne peut pas être le lieu de la vie mais du néant, de l’inachevé, de la mort. Au contraire, la distinction manifeste qu’il y a un ordre, un ordonnancement fait selon la sagesse et la bonté de Dieu (« Dieu vit que cela était bon ») pour ouvrir un espace qui rende possible la vie. 

II
Cependant il y a des distinctions qui sont encore plus fondamentales pour nous… :
Considérons la création de l’homme.
L’homme est différent de l’animal.
L’homme est créé différent du monde des vivants et plus exactement des animaux, et ceci se perçoit sans ambiguïté dans le texte de la Genèse, dans la mesure où nous voyions une rupture dans le processus de la création quand nous arrivons à l’homme. Celui-ci n’est pas créé dans la continuité du règne animal, mais suite à une délibération de Dieu avec lui-même pour qu’il soit à son image et ressemblance. (Dieu dit : « Faisons l’homme à notre image, comme notre ressemblance » Gn 1,26). Ce qui veut dire qu’il y a une différence ontologique (de nature et non simplement de degré) entre l’homme et l’animal (L’homme est image de Dieu, pas l’animal !). J’insiste car aujourd’hui, il y a une tendance à nier cette différence fondamentale et ce n’est pas sans conséquence. (Ex 1 : Certains manuels de biologie adeptes de la théorie du Genre s’y emploient en comparant, par exemple la sexualité des singes avec celle des hommes = c’est comparer ce qui n’est pas comparable : pour les animaux, cela relève de l’instinct, pour les hommes, de la liberté!;  Ex 2 : La zoophilie permise en Allemagne avec ouverture de « bordels animaliers ». Ex 3 : D’autre part il y a des philosophes qui nient cette différence, je pense à Peter Singer pour qui un bonobo (singe évolué) est plus une personne qu’un nouveau-né ou un handicapé profond car il aurait une plus grande conscience de soi, conscience de soi qui dérive de sa capacité à éprouver du plaisir ! ). Bref,  nier cette différence fondamentale ce serait comme revenir à une confusion mortifère, à l’indistinction, celle du chaos originel. A contrario, c’est dans la prise de conscience de cette différence que l’homme reconnait sa dignité propre, sa supériorité dans la nature et donc sa responsabilité et ses devoirs (L'animal ou l'arbre n'ont pas de droit, mais c'est l'homme qui a des devoirs envers eux). Sinon, si l’homme n’est qu’un animal, juste un peu plus évolué, on ne voit pas au nom de quoi, il devrait se comporter autrement que comme les animaux.

L’homme est différent de Dieu.
Mais, il y a aussi une autre différence qu’on oublie souvent et qui a une grande importance car son oubli est la racine de bien des maux. C’est la différence entre Dieu et l’homme. L’homme n’est pas Dieu, il est une créature de Dieu. Il y a entre les deux une différence ontologique (qui concerne l’être) et qui est absolument nécessaire pour que Dieu et l’homme puissent se rencontrer. Cela vous semble peut-être un peu bizarre, ce que je vous dis là (que cette différence soit nécessaire à la rencontre)… Il faut bien comprendre que l’homme est créé différent de Dieu mais cependant à son image et à sa ressemblance, ainsi il y a comme une connaturalité entre les deux et c’est cette connaturalité (qui permet un accord entre les deux natures humaine et divine) en même temps que cette différence qui vont permettre une rencontre. Pour qu’il y ait rencontre, il faut qu’il y ait là encore différence ! Sinon, c’est-à-dire si nous nions cette différence entre Dieu et l’homme, nous allons nous trouver devant deux écueils
 1) Le premier, c’est celui de toutes les pseudo-spiritualités du New Age teintées de spiritualité orientale où on cherche à se fondre dans le grand Tout (une sorte de Dieu impersonnel), mais où, au final, nous n’avons que la dissolution de la personne (on se perd). Ce n’est plus alors une rencontre avec Dieu mais une fusion : nous sommes absorbés en la divinité et nous disparaissons. Or,  le projet de Dieu, ce n’est pas cela. Je dirais, il nous aime trop pour que ce soit cela ! Regardez ce qu’il est dit des relations de Dieu avec Moïse dans l’Exode : « Le Seigneur parlait avec Moïse comme un homme parle à son ami » (Ex 33,11) ! Regardez ce que Jésus, qui est Dieu dans la chair, dit à ses apôtres : « Je ne vous appelle plus serviteurs mais amis » (Jn 15,15). Dieu veut une rencontre de personne à personne entre lui et nous, mais pour cela, c’est-à-dire pour que cette rencontre ne se change pas en fusion et absorption de nous en lui, il faut qu’une distinction demeure, il faut que Dieu reste Dieu (même s’il s’est approché de nous par l’Incarnation) et que nous restions ce que nous sommes (même si nous sommes appelés à devenir participants, par grâce, de la nature divine : 2P1,4)
2) le deuxième écueil (si nous nions la différence entre Dieu et l’homme) c’est l’éternelle tentation de ramener Dieu à soi, à ce que je peux en comprendre, c’est le péché de l’idolâtrie dont il est si souvent question dans la Bible (le veau d’or). L’homme met la main sur Dieu, mais ce faisant, Dieu disparait (parce que le veau d’or ce n’est plus Dieu), je ne suis plus en face que de moi-même, que de l’ouvrage de mes mains. Là encore, la différence a été niée et des deux, il ne reste finalement plus que moi (moi et mon veau, c'est-à-dire mon œuvre, mais pas Dieu).
Vous voyez les deux écueils : soit je me fonds en Dieu (et il n’y a plus que Dieu) soit je ramène Dieu à moi (et il n’y a plus que moi) ; Là où il n’y a plus de différence, il n’y a plus de rencontre possible !
Autrement dit, ce que nous serions tentés de voir comme un handicap, une limitation (la différence entre Dieu et nous !) est en fait la condition et le lieu de la rencontre. C’est parce que je demeure devant Dieu comme autre que Dieu, en vis-à-vis de lui, que je vais pouvoir le rencontrer !

     Mais, je fais juste une parenthèse: d’où vient que nous soyons tentés –et le terme est choisi à dessein- de voir la différence entre Dieu et nous comme une limitation, quelque chose de négatif, d’aliénant pour nous ? Cela vient du serpent de la Genèse, le Satan qui jette le soupçon sur Dieu comme si celui-ci, égoïstement et dans sa toute puissance voulait se garder des prérogatives. Autrement dit, le serpent veut faire voir à Eve la différence ontologique entre elle et Dieu comme quelque chose de négatif, de discriminatoire ("tu n’as pas ce que Dieu a et tu devrais l’avoir"); et son intention est rendue manifeste quand il vient lui susurrer à l’oreille la désobéissance avec pour promesse : « vous serez comme Dieu » (ou « comme des dieux » Gn 3,5) autrement dit, « il n’y aura plus de différence entre vous les humains et Dieu »). Là, on touche la racine : « le péché type est peut-être le refus de la différence. Peut-être Satan est-il l’ange qui a dit à l’origine : Comment peut-il exister un autre que moi ? Et il pensait non seulement à la nature divine mais à la nature humaine. » ( Archiprêtre Marc-Antoine Costa de Beauregard).  Et depuis l’origine, il a cherché à nier cette différence partout où elle était lieu de la rencontre et donc de l’amour et donc porteuse de vie. (Que ce soit entre Dieu et l’homme, entre l’homme et l’animal, aujourd’hui entre l’homme et la femme, demain entre l’homme et la machine avec les cyborgs, les nanotechnologies…)

III
La création d'Eve

Mais regardons maintenant ce qui se passe pour la création de l’humanité comme homme et femme et voyons comme la différence là aussi est encore fondamentale et condition de la rencontre et donc d’un amour authentique. Que nous dit la Parole de Dieu ? « Et Dieu créa l'homme à son image; C’est à l'image de Dieu qu’il le créa: homme et femme (et plus littéralement: mâle et femelle) il les créa » (Gn 1,27). Il n’y a que pour l’homme que la différence des sexes est soulignée (et non pour les animaux !). Et cette différence sexuelle est immédiatement évoquée en référence à la ressemblance divine, et non  au règne animal. Quel mystère, n’est-ce pas ? Qu’est-ce que le texte biblique veut nous dire par là ? Il veut nous révéler 2 choses :
1) la différence des sexes (et leur complémentarité) est ontologique, elle appartient à l’essence de l’être humain dès le commencement. Et le sexe est constitutif de la personne (JPII Théologie du Corps 21/11/1979), il n’est pas un simple attribut qui pourrait changer ou qu’on pourrait changer au gré des désirs. (D’ailleurs, le terme même de « sexe » vient de « secare » qui veut dire « couper ». Le terme désigne donc la différence qui « coupe » l’humanité en deux).
2) l’être humain est dès l’origine un mystère de communion des personnes à l’image et ressemblance des trois personnes divines et cette communion, en ce qui concerne l’être humain, passe par la différenciation sexuelle. Ce que Dieu est (Dieu est un mystère d’amour en son être même : la communion d’amour du Père, du Fils et du Saint-Esprit), eh bien l’homme et la femme dans l’unité de leur amour conjugal, qui passe par l’unité des corps (laquelle ne peut advenir que par la différence des sexes), le reflète (reflète cet amour des personnes de la Trinité). Autrement dit, la différence sexuelle est une merveille voulue par Dieu, car elle est en vue d’une communion des personnes, elle dit cette ouverture à l’autre, elle est un appel à ne pas vivre pour soi, ni même seulement avec l’autre mais pour l’autre. L’autre est perçu et reconnu comme un alter ego, il est identique à moi de par sa nature humaine, mais il est différent de part la différence sexuelle (signe aussi de la différence des personnes). (il faut qu’il y ait les deux, identité et différence pour qu’il y ait amour vrai). Et quand Adam s’écrie en voyant Eve : « Pour le coup celle-ci est l’os de mes os et la chair de ma chair », il la reconnait bien comme celle qui lui est assortie, tout en étant différente. Et la différence apparait ici comme une plénitude (et non comme une inégalité scandaleuse à éliminer), car enfin il va pouvoir se réaliser dans son identité personnelle par la communion avec une autre. La Parole de Dieu dit ensuite « l’homme quittera son père et sa mère, il s’attachera à sa femme et ils ne feront plus qu’une seule chair » (Gn 2,24 ) (importance là aussi d’une séparation parents/enfants pour que les enfants puissent devenir eux-mêmes) : ils ne feront plus qu’UN que parce que précisément, ils étaient d’abord DEUX, c’est-à-dire différents et qu’ils le demeurent (sinon relation fusionnelle )! Le couple marié apparait donc comme « l’unité des deux » (Jean-Paul II) (une unité en laquelle persiste une différence et cette différence est à accueillir comme un don) ; C’est pourquoi cette unité n’est pas négation de la différence ni de l’identité de chacun mais au contraire elle permet à chacun de devenir vraiment soi et de déployer le meilleur (Quand on aime, on se dépasse). La différence est donc condition de la communion et d’un amour authentique, d’un amour digne de celui qui est dans la communion des personnes divines ! Et on pourrait dire avec la Parole de Dieu : voyant cette « unité des deux », « Dieu vit que cela était très bon » , la création est maintenant achevée !

D’autre part, je ne sais pas si vous avez remarqué comment on assiste de nos jours à un glissement sur les mots. Souvent on ne parle plus de "différence sexuelle" mais de "diversité sexuelle", de même qu’on ne parle plus d’"identité sexuelle" mais d’"égalité sexuelle" .   Ce sont les tenants de la théorie du Genre qui sont très friands de ce glissement sémantique. Mais il est loin d’être anodin. Il est même très pernicieux car il ne reflète plus la réalité des choses. Qu’on parle de diversité pour les pays, les langues, les peuples, oui, bien sûr mais pas pour la sexualité ! Cela laisserait entendre que l’identité sexuelle n’aurait plus à être pensée en termes de dualité, et même de polarité (homme/femme) mais qu’elle serait multiforme, cela laisserait aussi entendre que toutes les formes de sexualités seraient légitimes (d’où le fait de privilégier le terme d’égalité sexuelle plutôt que d’identité : ce faisant on glisse sur les orientations et comportements sexuels qui peuvent effectivement être variés - homosexualité, hétérosexualité, transsexualité…etc - pour ne plus avoir à parler de l’identité)… Et pourtant, de fait, on le voit pour toute naissance d’un enfant : il a bien fallu nécessairement, qu’on le veuille ou non, un homme et une femme pour qu’il advienne! On ne peut pas faire abstraction de cette vérité et donc de la nécessité de la différence sexuelle (pas de vie sans elle)! Parler de diversité, c’est donc faire exploser artificiellement la structure anthropologique fondamentale de l’humanité (qui est celle de l’union d’un homme et d’une femme). C’est risquer de revenir au tohu-bohu originel, à l’indistinction destructrice de l’identité (cette identité qui permet de se construire dans la relation), à la confusion qui est toujours génératrice de violence et de mort.

IV
Quelle est la signification théologique (pas seulement anthropologique) de la différence sexuelle comme disposition  voulue par Dieu ?
 
« Homme et femme, il les créa ». La première conséquence de cela c’est qu’aucun individu ne peut prétendre être à lui seul toute l’humanité (c’est une limite en même temps qu’une promesse de communion).  Etre homme, c’est être pour la femme et réciproquement (complémentarité). La différence sexuelle inscrit, dans la chair, cette destination à l’autre personne ; elle appelle à la relation, elle rappelle que l’homme ne devient pleinement lui-même que dans l’accueil de l’autre et dans le don de soi à l’autre en retour (Concile G.S 24).
Cependant, nous pouvons nous poser cette question : est-ce que ce qui nous est dit de l’homme et de la femme ne peut pas être transposé aux relations entre Dieu et l’humanité ? Vous avez sans doute remarqué dans la Bible que Dieu se présente souvent comme l’Epoux et il s’adresse à Israël comme l’épouse bien-aimée (Israël étant signe de la vocation de toute l’humanité à être épousée par Dieu). Jésus lui-même se présente comme l’Epoux et ses noces, les noces de l’Agneau, se réalisent sur la Croix où il donne sa vie pour l’épouse, l’Eglise sortie de son côté transpercé, comme Eve était sortie du côté d’Adam. Autrement dit, l’amour et l’alliance de cet homme et de cette femme, Adam et Eve,(et par suite de tout homme et de toute femme) créés à l’image et ressemblance de Dieu, est comme une parabole, une icône de l’amour et de l’alliance de Dieu avec l’humanité, du Christ avec son Eglise (cf Eph 5). Donc, s’il n’est pas bon que l’homme soit seul, sans la femme (comme l’atteste Dieu lui-même : Gn 2,18), alors il n’est pas bon non plus que l’humanité soit seule, sans Dieu ! La vocation conjugale de l’homme et de la femme (l’unité des deux rendue possible par la différence) dit la vocation conjugale de l’humanité avec Dieu. La dualité du masculin et du féminin a pour vocation d’annoncer, par analogie, cette bonne nouvelle, à savoir que l’être humain est destiné à un Autre, à une alliance avec le Tout Autre qui est Dieu. Autrement dit, « l’hétérosexualité est l’image des relations entre l’humain ( l’humanité-épouse) et le divin (Dieu-Epoux) » (Marc-Antoine Costa de Beauregard). De même qu’Eve est créée pour être en vis-à-vis d’Adam, de même l’humanité est créée pour être en vis-à-vis de Dieu.

Si on considère, dans cette lumière-là, les déviances voire les perversions sexuelles, alors on en perçoit toutes leurs significations profondes et dramatiques, car elles ne vont pas toucher seulement à l’humain mais à Dieu et à la relation avec Dieu ; elles seront signe d’une déformation de la relation avec Dieu. Et c’est pour cela que le livre du Lévitique aux chapitres 18 et 20 insistent tant sur ce qui est bon (au sens où « Dieu vit que cela était bon ») et sur ce qui ne l’est pas dans les relations sexuelles. Et vous remarquerez, si vous lisez ces passages, que ce qui est interdit, c’est justement ce qui vient nier la différence c’est-à-dire précisément ce qui empêcherait l’amour puisqu’il n’y a d’amour véritable que dans la différence au sein de l’unité! Donc en donnant ces interdits, Dieu ne vise qu’à sauver l’amour vrai, à éviter tout mode d’union qui ne serait que fusionnel ou destructeur de l’autre (ou l’autre ne serait plus respecté comme autre précisément) et donc à éviter tout mode d’union qui ne dirait plus, qui ne reflèterait plus sa manière à Lui d’aimer l’humanité.
3 choses essentielles sont proscrites :
1)            Les relations consanguines et incestueuses. Ex : Lev 18,6… : « Aucun de vous ne s’approchera de sa proche parente (litt. « la chair de son propre corps » : on est dans l’ordre du Même) pour en découvrir la nudité (=avoir des relations sexuelles avec)". Suit toute une série d’interdits qui se ramènent tous d’une manière ou d’une autre à la prohibition de l’inceste, c’est-à-dire des relations où on reste dans l’ordre du même (même sang, même famille) et où donc la différence n’est pas (y compris la différence entres les générations). Car une chair ne saurait se féconder par elle-même.
2)            Les relations homosexuelles : « Tu ne coucheras pas avec un homme comme on couche avec une femme. C’est une abomination » Lev 18,22. Pourquoi c’est une abomination ? Il faut bien comprendre que ce n’est une faute au plan moral que parce que c’est d’abord une abomination sur le plan théologique. (En disant cela, je ne porte pas de jugement sur les personnes évidemment). D’ailleurs, Saint Paul met en lien l’homosexualité avec l’idolâtrie, c’est-à-dire le fait de ramener Dieu à soi, et donc de nier la transcendance, la différence entre Dieu et l’homme et donc le lien de l’époux avec l’épouse (Rom 1,23-27). Car le refus de l’autre sexe (et donc de la différence) reflète le refus de l’Autre, de Dieu. Le désir normalement fait pour l’autre/l’Autre est ici rabattu sur le Même (homo : la créature pour la créature, le mâle pour le mâle). Xavier Thévenot disait : « la femme homosexuelle (…) se passe de mari comme l’humanité (l’épouse) se passe de Dieu (l’époux) ». Mais on peut le dire aussi de l’homosexualité masculine dans la mesure où devant Dieu, toute âme est féminine, appelée à être épousée par Dieu. Autrement dit, l’homosexualité peut se comparer au repli sur soi de l’humanité sans Dieu. Elle est, d’une certaine manière, la manifestation dans la chair de l’athéisme pratique. Il ne faut pas s’étonner que, dans cette optique, se développent des revendications de mère porteuse ou d’assistance médicale à la procréation pour les homosexuels où on se passe aussi de l’autre (artificiellement) pour avoir des enfants. Comme si l’humanité pouvait s’auto-engendrer, s’auto-créer elle-même sans Dieu. C’est vouloir « être comme Dieu » !
3)            Les relations sexuelles entre hommes et bêtes (La zoophilie) : « Tu ne donneras ta couche à aucune bête ; tu en deviendrais impure. Une femme ne s’offrira pas à un animal pour s’accoupler à lui. Ce serait une souillure. » (Lev 18,23 ; 20,15). Là c’est la transgression et donc la négation de la différence de nature entre les hommes et les animaux. C’est tenter de faire unité sur ce qui n’est pas unifiable, sur ce qui ne peut être assorti. Or, je vous ai dit qu’il n’y d’amour véritable que dans la différence au sein d’une unité.

Toutes ces situations défigurent donc la relation d’amour que Dieu veut avoir avec l’humanité. Voyez, de même que l’homme et la femme sont à la fois mêmes (ils ont la même nature humaine) et autres (la différence des sexes comme manifestation de la différence des personnes), de même Dieu et l’homme sont différents par nature mais en même temps ils sont mêmes par l’image (l’homme créé à l’image de Dieu), et cette similitude fait que l’homme est capable de Dieu et peut entrer en communion avec lui, comme l’homme et la femme sont appelés à la communion.
L’amour est donc bien l’unité des deux, la communion dans la différence ! Toucher à cela c’est empêcher l’amour vrai et la vie qui en découle, c’est plus profondément défigurer le mystère de Dieu et de la relation avec lui.

Et je voudrais vous rendre attentif à une chose : c’est mon interprétation : vous êtes libres d’y adhérer ou non.
L’ennemi du genre humain, Satan, hait l’amour parce que Dieu est amour. Donc pour lui, briser l’amour, c’est atteindre Dieu. Or, si l’amour, comme je l’ai dit, est l’unité dans la différence, pour briser l’amour l’ennemi va s’attaquer soit à l’unité, soit à la différence. Il me semble qu’il y a là deux moments de l’histoire qui se suivent et que nous vivons, je dirais, le vendredi saint et le samedi saint. Je m’explique :
=> Le vendredi saint, ce sont toutes les forces ténébreuses jetées contre le Christ-Epoux et qui aboutissent à sa mort en croix. Ce vendredi saint, nous pourrions dire aussi que c’est le moment de l’athéisme théorique, c’est-à-dire le moment d’une opposition frontale et violente de toutes les idéologies à Dieu (le communisme et le nazisme) où Dieu est rejeté, nié, "tué". Cet athéisme théorique qui cherche à séparer l’humanité de Dieu et même à dresser l’humanité contre Dieu correspond au temps du divorce. Je vous ai dit qu’il y avait une sorte d’analogie entre les relations entre Dieu et les hommes et les relations entre l’homme et la femme: le temps du divorce entre les hommes et Dieu correspond au temps du divorce entre l’homme et la femme. C’est un même mystère. La ruse de l’ennemi dans ce cas, c’est d’annuler l’unité en exacerbant les différences jusqu’à l’opposition et la haine. Satan singe Dieu : là où Dieu sépare, distingue pour faire advenir l’amour et la vie, l’Ennemi divise pour faire advenir la domination de l’un sur l’autre, la haine et la mort.
=> Après cela vient le samedi saint, le temps de l’absence de Dieu, car Dieu est « mort » : l’Epoux est au tombeau. Nous pourrions dire que ce temps est le temps de l’athéisme pratique. Cet athéisme pratique, c’est concrètement l’indifférence complète vis-à-vis de Dieu, on a pris acte qu’il (l’Epoux) est mort, selon la thématique de Nietzsche, et donc on vit comme s’il n’existait pas. C’est donc le temps du relativisme où tout est permis car il n’y a plus de norme transcendante : tout se vaut, je suis à moi-même la source de mes valeurs, libre absolument de tous mes choix, je me suffis à moi-même, l’humain n’est plus qu’en face de lui-même. Si on poursuit l’analogie déjà citée (des relations Dieu/homme et Homme/femme), alors, il n’est pas étonnant que cette époque soit celle de la théorie du Genre (confusion), de l’homosexualité (relation du même au même). La ruse de l’Ennemi dans ce cas, c’est de nier la différence. Et cela commence par la négation de la différence homme/femme, mais cela se poursuivra logiquement par la négation des autres différences fondatrices. (En ce sens le Cardinal Barbarin avait raison de pointer du doigt que si on commençait ainsi, on finirait par aller vers des unions à trois ou quatre et par abolir l’interdit de l’inceste).
Nous récoltons et mangeons maintenant les fruits amers du nihilisme qui ne peut conduire qu’à la dissolution de l’homme, tant « la créature sans Créateur s’évanouit », tant « l’oubli de Dieu rend opaque la créature elle-même » comme nous le rappelle le Concile (G.S. 36).

Voyez combien est attaqué l’amour comme unité dans la différence ! Et voyez combien il est important a contrario de toujours garder ces deux aspects : unité et différence (au sens de dualité). Il en va de la vérité de l’amour humain et de la vérité de la communion avec Dieu. 

Devise des chartreux
C’est un tableau un peu sombre pour finir, mais confiance :
« le monde tourne, la croix demeure » selon la devise des chartreux ; les idéologies mortifères passent mais le Christ Vie et Vérité demeurera toujours ; Après le samedi saint nous savons que vient le dimanche de Pâques : Donc, ne doutons pas que Dieu prépare un miracle de miséricorde, une effusion de son Esprit sur tous pour faire resplendir la splendeur de sa vérité et ressusciter l’amour vrai ! Prions pour cela ! Hâtons cela par l’adoration, par le vis-à-vis avec l’Epoux  vivant dans l’Eucharistie !

Sr Isabelle de la Mère de Dieu

(Reflexion inspirée de l'essai de Marc-Antoine Costa de Beauregard:
 http://www.orthodoxie.com/lire/analyses/_essai_dune_int/ )



vendredi 24 août 2012

L'Assomption de la Vierge Marie: un mystère de joie !


« Ni le tombeau ni la mort n’ont eu pouvoir sur la Mère de Dieu,
Elle est la Mère de la Vie ;
Il l’a prise avec Lui, Celui qui reposa dans son sein virginal,
le Christ, notre Dieu.
Toi, notre espérance inébranlable,
O Mère vigilante, intercède pour nous. »


 



 La mort ne peut retenir la Théotokos, ciel vivant et trésor de la vie :




« Aujourd’hui la sainte et l’unique Vierge est amenée au temple hypercosmique et céleste, elle qui a brûlé d’une telle ardeur pour la virginité, qu’elle fut transformée en elle comme en un feu très pur. Toute vierge perd sa virginité en enfantant, mais celle-ci, vierge avant l’enfantement, demeure vierge en enfantant et après la naissance.

Aujourd’hui l’arche sacrée et vivante du Dieu vivant, celle qui a porté dans son sein son Auteur, se repose dans le temple du Seigneur non fait de main d’homme, et David, son ancêtre et l’ancêtre de Dieu, exulte ; et les anges mènent leurs chœurs avec lui, les archanges applaudissent, les Vertus rendent gloire, les Principautés  avec lui tressaillent, les Dominations jubilent, les Puissances se réjouissent, les Trônes sont en fête, les Chérubins chantent les louanges, les Séraphins proclament : « Gloire ! » Car ce n’est point pour eux une faible gloire que de glorifier la Mère de la Gloire. (…)

Aujourd’hui le trésor de la vie, l’abîme de la grâce, entre dans l’ombre d’une mort porteuse de vie ; sans crainte elle s’en approche, elle qui a engendré son destructeur, si toutefois il est permis d’appeler mort son départ plein de sainteté et de vie.
Car celle qui pour tous fut la source de la vraie vie, comment tomberait-elle au pouvoir de la mort ? (…) comment celle qui a reçu la vie elle-même, sans principe et sans terme, affranchie des limites du commencement et de la fin, ne vivrait-elle pas pour la durée illimitée ? »

Convenance de l’Assomption

« Il fallait en effet que cette demeure digne de Dieu, la source non creusée de main d’homme, d’où jaillit l’eau qui remet les péchés, la terre non labourée, productrice du pain céleste, la vigne qui sans être arrosée donna le vin d’immortalité, l’olivier toujours verdoyant de la miséricorde du Père, aux fruits magnifiques, ne subît pas l’emprisonnement des abîmes de la terre. Mais de même que le corps saint et pur, que le Verbe divin, par elle, avait uni à sa Personne, le troisième jour est ressuscité du tombeau, elle aussi devait être arrachée à la tombe, et la mère associée à son Fils. Et comme il était descendu vers elle, ainsi elle-même, objet de son amour, devait être transportée jusque dans « le tabernacle plus grand et plus parfait », « jusqu’au ciel lui-même » (Heb.9,11.24).

Il fallait que celle qui avait donné asile au Verbe divin dans son sein, vînt habiter dans les tabernacles de son Fils. Et comme le Seigneur avait dit qu’il devait être dans la demeure de son propre Père, il fallait que sa mère demeurât au palais de son Fils, « dans la maison du Seigneur, dans les parvis de la maison de notre Dieu.» (Ps 134,1 ; 135,2) Car si là est « la demeure de tous ceux qui sont dans la joie » (Ps 87,7), où donc habiterait la cause de la joie ?

Il fallait que celle qui dans l’enfantement avait gardé intacte sa virginité, conservât son corps sans corruption, même après sa mort.

Il fallait que celle qui avait porté petit enfant son Créateur dans son sein, vécût dans les tabernacles divins.

Il fallait que l’épouse que le Père s’était choisie vînt habiter au ciel la demeure nuptiale.

Il fallait que celle qui avait contemplé son Fils en Croix et reçu alors au cœur le glaive de douleur qui l’avait épargnée dans son enfantement, le contemplât assis auprès de son Père.

Il fallait que la Mère de Dieu entrât en possession des biens de son Fils, et fût honorée comme Mère et servante de Dieu par toute la création. L’héritage passe toujours des parents aux enfants ; ici, cependant, pour emprunter l’expression d’un sage, les sources du fleuve sacré remontent vers leur origine. Car le Fils a soumis à sa mère la création tout entière.

Eh bien donc, à notre tour, aujourd’hui célébrons la fête du départ de la Mère de Dieu. (…)

(Car) par elle nos hostilités séculaires avec le Créateur ont pris fin. Par elle notre réconciliation avec Lui fut proclamée, la paix et la grâce nous furent données, les hommes unissent leurs chœurs à ceux des anges, et nous voilà faits enfants de Dieu, nous qui étions auparavant un objet de mépris ! Par elle nous avons vendangé le raisin qui donne la vie ; d’elle nous avons cueilli le germe de l’incorruptibilité. De tous les biens elle est devenue pour nous la médiatrice.
 En elle Dieu s’est fait homme, et l’homme est devenu Dieu.»

St Jean Damascène : Homélie sur la Dormition de la Mère de Dieu

jeudi 14 juin 2012

Solennité du Sacré-Coeur et sanctification des prêtres


SIMONE MARTINI, La messe miraculeuse, XIVè siècle.


 "Le clergé saint fait le peuple vertueux,
le clergé vertueux fait le peuple honnête,
le clergé honnête fait le peuple impie"

(Blanc de St Bonnet, cité dans Celle qui pleure de Léon Bloy)

 

  Benoit XVI répond aux prêtres signataires de "l'appel à la désobéissance" en rappelant la vocation éternelle du prêtre à être configuré au Christ.



Les prêtres signataires de cet « appel à la désobéissance » pensent faire avancer l’Eglise par cet appel, qui est très concrètement un acte de rébellion, puisqu’ils disent mettre leurs propositions en place sans l’aval de l’Eglise et même contre l’avis de l’Eglise. Mais qui est le Père de la désobéissance et de la rébellion ? Nous avons perdu la grâce originelle par cet esprit de désobéissance, il ne faudrait pas l’oublier, nous avons perdu le paradis en voulant édicter nous-mêmes le bien et le mal ! 

Benoit XVI a répondu à cette insurrection dans son homélie de la messe chrismale à Rome, le jeudi 5 avril 2012. Tout d’abord il rappelle aux prêtres qu’ils ont été « consacrés dans la vérité » comme Jésus, par l’imposition des mains qu’ils ont reçu lors de leur ordination. Puis il demande : « Mais sommes-nous aussi consacrés dans la réalité de notre vie ? Sommes-nous des hommes qui agissons à partir de Dieu et en communion avec Jésus-Christ ? ». Il poursuit : « Ce qui est demandé au prêtre c’est un lien intérieur, ou mieux, une configuration au Christ, et en ceci nécessairement un dépassement de nous-mêmes, un renoncement à ce qui est seulement nôtre, à l’autoréalisation si vantée (par notre monde). »

 Puis il enchaine: « Récemment, un groupe de prêtres dans un pays européen a publié un appel à la désobéissance, donnant en même temps aussi des exemples concrets sur le comment peut s’exprimer cette désobéissance, qui devrait ignorer même des décisions définitives du Magistère (ex : l’ordination des femmes : Jean-Paul II a déclaré de manière irrévocable que l’Eglise n’avait jamais reçu aucune autorisation du Christ pour une chose pareille) » Et Benoit XVI pose la question essentielle : « la désobéissance est-elle un chemin pour renouveler l’Eglise ? (…) la désobéissance est-elle vraiment un chemin ? Peut-on percevoir en cela quelque chose de la configuration au Christ, qui est la condition nécessaire de tout vrai renouveau, ou non pas plutôt seulement l’élan désespéré pour faire quelque choses, pour transformer l’Eglise selon nos désirs et nos idées ? »

 Et le Saint Père va plus loin en répondant aussi à ces prêtres qui prétendent s’appuyer sur l’exemple même du Christ, en disant : ‘mais le Christ aussi a dépoussiéré les vieilles traditions’. Benoit XVI répond à cela en disant : « Certes le Christ a corrigé les traditions humaines qui menaçaient d’étouffer la parole et la volonté de Dieu, mais il l’a fait pour réveiller de nouveau l’obéissance à la vraie volonté de Dieu, à sa parole toujours valable. La vraie obéissance lui tenaient justement à cœur, contre l’arbitraire de l’homme. Et n’oublions pas : il était le Fils, avec l’autorité et la responsabilité singulières de révéler l’authentique volonté de Dieu, pour ouvrir ainsi la route de la parole de Dieu vers le monde des gentils. Et enfin : il a concrétisé son envoi par sa propre obéissance et son humilité jusqu’à la Croix, rendant ainsi sa mission crédible. Non pas la mienne, mais ta volonté (O Père) : c’est la parole qui révèle le Fils, son humilité et en même temps sa divinité, et qui nous indique la route ».

 Le Saint Père montre alors que ce ne sont pas les hommes désobéissants qui renouvellent l’Eglise selon leurs idées humaines, mais le Saint-Esprit en faisant surgir des mouvements très vivants, des communautés nouvelles dans l’Eglise, mouvements et communautés qui se caractérisent précisément par une belle obéissance au Magistère.

 Le critère de ce qui est de Dieu est toujours le même : humilité, obéissance, charité (et non pas rébellion, désobéissance). Le saint Père poursuit en disant : « Toute notre annonce doit se mesurer sur la parole de Jésus-Christ : « Mon enseignement n’est pas de moi mais de Celui qui m’a envoyé » (Jn 7, 16). Nous n’annonçons pas des théories et des opinions privées, mais la foi de l’Eglise dont nous sommes des serviteurs ».
Texte complet de l'homélie: http://www.zenit.org/article-30548?l=french

Merci Saint Père de nous montrer, en votre personne, l’image d’une profonde configuration au Christ si digne d’entrainer la sanctification de tout le peuple de Dieu !
Merci à tous les prêtres fidèles pour leur vie donnée à la suite du Christ contribuant à l’édification de tous !

Seigneur, donne-nous des prêtres !
Seigneur, donne-nous de saints prêtres !
Seigneur, donne-nous beaucoup de saints prêtres !


Sr Isabelle de la Mère de Dieu

dimanche 29 avril 2012

Allumons le feu de la Miséricorde Divine !


Nous fêtions, il y a peu, la fête de la Divine Miséricorde instaurée suite aux demandes de Jésus à Sainte Faustine.
Nous trouvons dans le Petit Journal de Sainte Faustine le message de Jésus. Pour ceux qui voudraient en prendre connaissance, nous renvoyons aussi au site des soeurs de Jésus Miséricordieux:


Jésus a révélé tout ce message de la Divine Miséricorde à Sainte Faustine juste avant que son pays ne soit écrasé par deux totalitarismes : le nazisme et des décennies de communisme.
Ce message était prophétique en ce sens qu’il annonçait déjà la défaite du mal, il annonçait que le mal n’aurait pas le dernier mot, non seulement en Pologne mais aussi dans le monde, puisque ce message était destiné au monde entier ! 

Aujourd’hui, nous pourrions être tentés de désespérer (ce désespoir, c’est une tentation du démon pour nous faire croire que tout est fini et nous faire baisser les bras !) : devant les guerres, les économies qui flanchent parce qu’elles ne sont plus au service de l’homme mais de l’argent, les attaques multiples contre la vie humaine de son commencement (avortement) à sa fin (euthanasie), l’instrumentalisation du vivant, des embryons…, la théorie du Gender...
Justement, Jésus a donné ce message pour fortifier notre espérance et notre confiance !, il ne veut pas que nous nous laissions aller au pessimisme ou au fatalisme ! Il veut que nous soyons convaincus que sa miséricorde aura le dernier mot et qu’elle sera plus forte que notre péché !

 Mais pour cela prions ! Jésus a donné à Ste Faustine la prière du chapelet de la Divine Miséricorde afin qu’elle implore (et nous aussi !) la miséricorde pour le monde entier.
Rappelons-nous le contexte :
Le vendredi 13 septembre 1935, Sainte Faustine note : « Le soir, quand j’étais dans ma cellule, j’ai vu un ange, l’exécuteur de la colère de Dieu. Il était en robe  claire, la face rayonnante, une nuée sous les pieds, de cette nuée sortaient la foudre et des éclairs jusqu’à ses mains, et de sa main ils sortaient et touchaient seulement alors la terre. Lorsque je vis ce signe de la colère de Dieu qui devait frapper la terre, et surtout un certain endroit, que je ne puis nommer pour de bonnes raisons, j’ai commencé à prier l’ange, pour qu’il s’arrête quelques instants, et le monde fera pénitence. Mais ma demande n’était rien face à la colère de Dieu. (...) Au même instant, je sentis en mon âme la force de la grâce de Jésus qui habite mon âme; au moment où je pris conscience de cette grâce, à l’instant même je fus enlevée devant le trône de Dieu. (...) J’ai commencé à supplier Dieu pour le monde, par des paroles entendues intérieurement.
Alors que je priais ainsi, j’ai vu l’impuissance de l’ange qui ne pouvait accomplir la juste punition qui revient de plein droit aux péchés. Je n’avais jamais encore prié avec tant de force intérieure. Voilà les paroles par lesquelles je suppliais Dieu: Père Éternel, je T’offre le Corps et le Sang, l’Âme et la Divinité de Ton Fils bien-aimé, Notre-Seigneur Jésus-Christ, en réparation de nos péchés et de ceux du monde entier; par Sa douloureuse passion, sois miséricordieux pour nous.
Le lendemain matin en entrant dans la chapelle, j’ai entendu intérieurement ces paroles: Chaque fois que tu entres dans la chapelle, récite tout de suite la prière que je t’ai apprise hier. Lorsque j’ai récité cette prière, j’entendis ces paroles dans mon âme: Cette prière sert à apaiser Ma colère, tu vas la réciter pendant neuf jours, sur un chapelet, de la manière suivante: d’abord tu diras un NOTRE  PÈRE, un JE VOUS SALUE MARIE et le JE CROIS EN DIEU puis sur les grains du  NOTRE  PÈRE, tu vas dire les mots suivants: Père Eternel, je T’offre le Corps et le Sang, l’Ame et la Divinité de Ton Fils bien-aimé, Notre Seigneur Jésus-Christ en réparation de nos péchés et de ceux du monde entier; sur les grains du JE VOUS SALUE MARIE, tu diras les mots suivants: Par Sa douloureuse Passion, sois miséricordieux pour nous et pour le monde entier. A la fin tu réciteras trois fois ces paroles: Dieu Saint, Dieu Fort, Dieu Éternel, prends pitié de nous et du monde entier” (PJ, 474-476).

Oh! Quelles grandes grâces J’accorderai aux âmes qui diront ce chapelet (...) Inscris ces mots, ma fille, parle au monde de ma miséricorde, que l’humanité entière apprenne à connaître Mon insondable miséricorde. C’est un signe pour les derniers temps, après viendra le jour de la justice. Tant qu’il en est temps, que les hommes aient recours à la source de la miséricorde, qu’ils profitent du sang et de l’eau qui ont jailli pour eux” (PJ 848).

 
Jésus a voulu nous montrer par là la grande puissance qu’il nous donnait ! Souvent, il nous semble que nous sommes bien impuissants devant les évènements douloureux de nos vies ou du monde (la Syrie, qu’est-ce qu’on peut faire ? les divisions dans l’Eglise, dans nos familles, qu’est-ce qu’on peut faire ?....) Mais nous pouvons faire quelque chose !! Jésus attend notre aide « Aide-moi à sauver les âmes » dit-il à Faustine, mais à nous aussi !
Par la prière du chapelet, par les plus petites choses faites avec amour et par toute souffrance offerte en union de la Passion de Jésus !
Il y a là une extraordinaire force d’intercession !!! Ne perdons rien de ce qui peut sauver nos frères !
Jésus veut nous encourager dans cette intercession ! Il nous fait comprendre qu’il nous exauce, qu’il attend nos prières pour intervenir ! De la manière que lui sait être la meilleure !

Christ est ressuscité ! Il a vaincu la mort, il a vaincu toute puissance de mal ! Nous appartenons à sa victoire ! Alors oui, c’est déjà acquis, mais Jésus nous demande de l’aider à réceptionner cette victoire, à lutter pour qu’elle soit totale par notre confiance indestructible en Lui, par notre prière (une prière de confiance et non de désespoir !).
Il veut avoir besoin de nous pour instaurer son Royaume. Or son Royaume, c’est premièrement sa vie divine en nos âmes, comme il le dit à Sainte Faustine ! Et sa vie en nos âmes, c’est la foi, l’espérance, l’amour, c’est la sainteté, c’est notre vie toute transformée par sa grâce qui nous fait devenir à son image et sa ressemblance, c’est-à-dire des êtres de miséricorde qui implorent la miséricorde pour le monde entier et qui l’obtiennent !!!

Jésus dit à Sainte Faustine : « Je cherche et désire des âmes comme la tienne, mais il y en a peu ; ta grande confiance envers moi me force à t’accorder continuellement des grâces ».
Soyons ces âmes-là que cherche Jésus, qui se laissent sanctifier et qui obtiennent des grâces pour le monde entier !

Jésus a explicitement dit que ce message  préparerait le monde à son ultime venue (son retour dans la gloire), qu’il annonçait un temps de grâce avant son second avènement ! 

Alors, nous sommes au bon moment de l’histoire ! Dans un temps de grâces, sachons en profiter !

Jean-Paul II disait au sanctuaire de Lagiewniki le 17 aout 2002 : 
« Dans la miséricorde de Dieu, le monde trouvera la paix, et l’homme trouvera le bonheur !...
... Que ce message de la Miséricorde Divine atteigne tous les habitants de la terre et remplisse leur cœur d’espérance…
Il faut transmettre au monde, le Feu de la Miséricorde. »

Sr Isabelle de la Mère de Dieu

mardi 10 avril 2012

Vers la Pâque éternelle


Fra Angelico: Résurrection

"Nous sommes dans les fêtes pascales ! Encore faut-il que nous tenions par notre vie de telle sorte que nous parvenions aux fêtes éternelles !
Les fêtes de cette terre sont passagères ! Soyez donc attentifs à ne pas être exclus des fêtes éternelles !
A quoi servirait de participer à des fêtes humaines, si c'était finalement pour nous trouver à la porte des fêtes éternelles ?"

St Léon Le Grand

samedi 25 février 2012

Prière de Saint Ephrem le Syrien


 Pour le temps du carême, nos frères d'Orient prient cette belle prière de St Ephrem, prière à dire, prière à vivre avec la grâce de Dieu...

Seigneur et Maître de ma vie,
ne m'abandonne pas à l'esprit de paresse, de découragement,
de domination et de vain bavardage !

Mais fais-moi la grâce, à moi ton serviteur,
de l'esprit de chasteté, d'humilité, de patience et de charité.

Oui, Seigneur-Roi,
Accorde-moi de voir mes fautes et de ne pas condamner mon frère,
ô Toi qui es béni dans les siècles des siècles.
Amen

vendredi 17 février 2012

Signe de contradiction...

Siméon s'adressant à la Mère du Christ, lors de la présentation de son Fils au temple, lui dit:

"Vois ! cet enfant doit amener la chute et le relèvement d'un grand nombre en Israël; il doit être le signe en butte à la contradiction, et toi-même, un glaive te transpercera l'âme, afin que se révèlent les pensées intimes d'un grand nombre." (Lc 2,33-35)

Karol Wojtyla commente ainsi:

"Est-ce que les paroles du vieillard Siméon proférées sur un enfant de 40 jours ne comportent pas une sorte de synthèse très concise de ce qui nous concerne tous et nous travaille continuellement ? Ne sont-elles pas un signe particulier de nos temps, ou du moins la clé qui permet de comprendre les signes divers sur lesquels se sont penchés le Concile Vatican II et le Synode des évêques, et sur lesquels réfléchissent sans relâche le Saint-Siège, les épiscopats et tout le peuple de Dieu lorsqu'il rentre en lui-même et essaie de comprendre le sens le plus profond de son existence et de son témoignage ? Ces paroles ne sont-elles pas une sorte de définition spécifique du Christ et de son Eglise ? -le signe, qui sera en butte à la contradiction (Lc 2,34) ?
Portons encore notre attention sur le fait que Siméon passe directement de ce signe à la Mère et l'atteint en plein coeur, en réunissant en un seul motif cette contradiction qui attend le Fils avec l'expérience intérieure que va vivre la Mère de Dieu: "Et toi-même, un glaive te transpercera l'âme"."
Cardinal Wojtyla , Le signe de contradiction (Retraite au Vatican), Communio/Fayard, p19-20

Ainsi en est-il du Christ, "Signe de contradiction". Ainsi en est-il de l'Eglise, l'épouse de l'Agneau, "signe de contradiction". Ainsi en est-il de tout disciple qui veut suivre le Maître: il devient de fait, en fidélité à Dieu, "signe en butte à la contradiction". Il serait tentant bien sûr de rechercher un consensus qui nous épargnerait l'opposition. C'est la tentation d'Israël de vouloir être comme les nations (1 M 1,11). Mais c'est aussi la tentation de l'Eglise d'être comme le monde. Ce faisant, nous déserterions notre poste, nous déserterions la radicalité de l'Evangile, nous risquerions de nous prosterner devant les idoles au lieu d'adorer Dieu.
Souvenons-nous plutôt qu'au seuil de son pèlerinage terrestre, le Christ fut prophétiquement désigné, non pas d'abord comme "l'Agneau de Dieu" par St Jean (Jn 1,36) mais comme "le signe de contradiction" par Siméon et que sa Sainte Mère, icône de l'Eglise, reçut en son coeur le glaive d'une telle annonciation et qu'elle ne s'y déroba point.
Ainsi l'Eglise, appelée à être comme son Maître, devient à son tour, sans l'avoir cherché  mais par assimilation aimante, signe de contradiction et par là seulement "lumière pour éclairer les nations" (Lc 2,32).
Dans cette lumière nous comprenons que tout disciple est lui aussi appelé à devenir "un signe en butte à la contradiction" , que c'est même là ce qui le définit, selon l'expression de Karol Wojtyla. Que Dieu nous accorde la grâce de ne pas nous dérober à cette élection crucifiante !

Soeur Isabelle de la Mère de Dieu