Le choix de la solitude habitée par Dieu.
"Les ermites ne sont pas seulement des hommes, mais aussi des
femmes, même si beaucoup tendent à l’oublier parce qu’il s’agit d’une vie
dangereuse ou souvent mal vue par les autorités ecclésiastiques et laïques.
Pourtant, dès les origines, il y a eu des femmes qui ont décidé de vivre en
dehors du bruit du monde, dans l’isolement, dans le silence, dans le
recueillement. Et non pas enfermées dans un monastère. Leur choix n’est pas seulement
un choix remontant très loin dans le temps, mais une façon de vivre pratiquée
aujourd’hui encore, une voie importante de recherche de la relation avec Dieu,
de qui veut « écouter directement – comme le dit Antonella Lumini – la voix
de l’Esprit Saint », une écoute d’autant plus importante que « les
femmes sont plus réceptives, elles savent reconnaître la tendresse de Dieu, la
transmettre et la raconter ».

Pourtant, nombreuses sont celles qui
ont réussi, dès les premiers siècles du christianisme, à relever ce défi, même
si ce fut parfois en choisissant pour ermitage les murs de la ville. Mario Sensi y revient dans son article sur les origines de cette vocation qui a
refleuri après le concile Vatican II (…). Aujourd’hui, le choix de vivre en
solitude – comme l’expliquent les ermites modernes – peut aussi se faire dans
une ville, au milieu de la vie de tous les jours avec ses problèmes et ses
difficultés. Même une maison normale, un appartement quelconque dans un
immeuble peut devenir une « poustinia *», un lieu du désert où se
recueillir dans la méditation et le silence. (…) Réfléchir, méditer, se
détacher du monde, chercher une relation avec Dieu et avec la part la plus
profonde de soi-même est une indication précieuse également pour les femmes d’aujourd’hui."
Ritanna Armeni dans l'Osservatore Romano n°27
* "Poustinia" : cf le beau livre de Catherine de Hueck Doherty: Poustinia ou le désert au coeur des villes.